2009 - 2019

Que cet automne 2018 soit placé sous le signe de la vitesse, de l’art sans frein et de la danse démultipliée.

Je réserve le regard rétrospectif au futur.
Un jour on se retournera pour regarder ces 10 années extraordinaires de transport chorégraphique collectif comme une expédition tout à la fois physique, philosophique, géographique et pléthorique. Des enfants rennais ont fait la Cour d’honneur d’Avignon, un Centre chorégraphique national fait l’objet d’un catalogue du MoMA de New York, une idée-manifeste qui pouvait laisser sceptique (« un Musée de la danse ??? C’est une blague ou un enterrement ? ») a été accueillie avec générosité, grâce, folie heureuse par toute une ville et une région. Nous ne sommes pas du genre  nostalgique, nous préférons donc terminer en beauté : avec le Fous de danse de ce printemps passé, et avec une ruée inspirée par « L'Histoire mondiale de la France », comme une dernière tentative pour affirmer l’expérimentation ouverte, la danse élargie, l’Histoire qui se conjugue avec l’histoire subjective individuelle. Et avec le projet 20 danseurs pour le XXè siècle dans la base sous-marine de Lorient et aux Ateliers des Capucins avec Le Quartz de Brest.
Sans le regard et les corps bienveillants de vous tous, le Musée de la danse n’existerait pas. Que cet automne soit placé sous le signe de la vitesse, de l’art sans frein et de la danse démultipliée. Si vous me le permettez : NOUS NOUS SOMMES ÉCLATÉS. Et vous nous avez tous permis de réaliser un rêve conceptuel qui a pris forme avec les gestes
de chacun.
Il faudrait écrire un texte hachuré qui donne la mesure de ces dix années, qui sont celles du Musée de la danse, mais aussi celles de secousses politiques fortes et variées. Cela viendra peut-être, mais en attendant, dansons encore, de cette manière chaotique qui fait notre identité perméable. Hop. Et merci.

Boris Charmatz