Levée des conflits

avant-première à la Manifesta 8 (Cartagena, Espagne)
date

8 octobre : avant-première Manifesta 8 (Murcia, Cartagena -Espagne-)

Conception : Boris Charmatz | Assisté de : Anne-Karine Lescop | Interprétation : Eleanor Bauer, Nuno Bizarro, Mathieu Burner, Magali Caillet-Gajan, Boris Charmatz, Sonia Darbois, Olga Dukhovnaya, Olivia Grandville, Gaspard Guilbert, Taoufiq Izeddiou, Lenio Kaklea, Jurij Konjar, Elise Ladoué, Catherine Legrand, Maud Le Pladec, Naiara Mendioroz, Thierry Micouin, Andreas Albert Müller, Mani A. Mungai, Élise Olhandéguy, Felix Ott, Annabelle Pulcini, Fabrice Ramalingom, Nabil Yahia-Aïssa | Lumière : Yves Godin | Son : Olivier Renouf | Durée : 3h environ | Production : Musée de la danse / CCNRB | Coproduction Théâtre National de Bretagne à Rennes, Théâtre de la Ville-Paris/ Festival d'Automne à Paris, Manifesta 8 (Murcia, Cartagena -Espagne-), ERSTE Foundation | Avec le soutien de Teatro Maria Matos/Lisbonne, Chassé Theater/Breda | Ce projet reçoit le soutien de Culturesfrance/Ville de Rennes.

 Nicolas Couturier

Levée des conflits
Installation chorégraphique pour 26 danseurs

Une compagnie éphémère de vingt-six danseurs répète et interprète une forme inédite de « chorégraphie immobile ».
Bien que tout le monde soit en mouvement, dans une immense ronde oscillante et hypnotique, l'ensemble, lui, ne bouge pas. Chaque danseur est pris dans un mouvement perméable à la fois au danseur qui le précède et à celui qui le suit, pour fabriquer une chorégraphie dont toutes les parties sont vues simultanément. Les corps se remplacent les uns les autres en permanence, de manière à ce que si la structure pivote sans fin, la forme, elle, reste totalement stable. C'est une sculpture. La pièce est donc essentiellement méditative... Elle n'existe pas sans les corps qui l'activent finement, mais elle produit une installation immatérielle pour quelques heures qui « ne passent pas », dans laquelle il n'y a ni début ni fin, pas de drame, pas de dramaturgie. En ce sens, elle est un dance hole, un trou de danse, qui m'évoque irrésistiblement cette définition subjective du Neutre selon Roland Barthes : le neutre comme désir de la levée des conflits.

Le projet est à la fois minimal et totalement démesuré : minimal parce que l'ensemble de la pièce peut être saisi en un seul coup d'œil, démesuré parce que la troupe est énorme et qu'elle est agitée d'une infinité de gestes respirants.

(On rêve encore de troupes, de compagnies de danse, d'artistes permanents. L'art doit être permanent, mais le Musée de la danse se propose de fonder des compagnies de danse éphémères).

(La pièce n'est pas présentée comme un spectacle, avec une heure de commencement, il s'agit plutôt d'un monstre « disponible » au regard pendant quelques heures).

Boris Charmatz