León Ferrari (AR)

León Ferrari est né en 1920 à Buenos Aires. Dans les années cinquante, il travaille la sculpture avec divers matériaux : céramique, plâtre, ciment, bois ; il réalise ses premières expositions en Argentine et en Europe. Dès le début des années soixante, il crée des sculptures en fil de fer. Il commence aussi ses « écritures » : des dessins abstraits qui imitent l'écriture sans être vraiment lisible.
En 1964, Ferrari participe au groupe d'artistes de l'institut Torcuato Di Tella, siège de l'avant-garde artistique à Buenos Aires. À cette époque, il conçoit des assemblages de bouteilles, de cages et de poupées et s'intéresse à la religion et à la politique. En 1965, il présente La Civilisation occidentale et chrétienne au prix de l'institut Torcuato Di Tella. Il s'agissait d'une réplique d'un bombardier américain sur lequel était fixée une figure du Christ crucifié. L'institut a décidé de ne pas retenir ce collage car la critique de la politique impérialiste des États-Unis au Vietnam et la référence au pouvoir de l'Église étaient trop explicites. Cette pièce est devenue un paradigme dans la tradition de l'avant-garde esthétique et politique de l'art du XXe siècle.
Après une étape plus abstraite, Ferrari reprend l'iconographie religieuse pour faire des collages et des photomontages. Des images de l'enfer dans des tableaux des maîtres du Moyen Âge ou de la Renaissance sont ainsi mises en lien avec des photos et des articles de presse. Il s'interroge en particulier sur l'idée du châtiment et de l'enfer dans l'église chrétienne, qu'il met en relation avec les pratiques contemporaines de la torture. À cette période, il fabrique aussi des objets qui combinent des petites figures, des icônes de l'Église comme des saints ou des vierges, avec des excréments d'animaux. Dans Le Jugement dernier, il installe une volière avec des colombes et place au fond de la cage une reproduction du plafond de la chapelle Sixtine de Michel-Ange. L'œuvre s'autoproduisait avec les excréments des oiseaux. Il combine ainsi le process art et la provocation politique en violant une œuvre iconographique à la manière de Mona Lisa à la moustache de Marcel Duchamp.
León Ferrari a participé à de nombreuses expositions en Europe et sur le continent américain comme la dernière biennale de São Paulo et celle du Mercosur à Porto Alegre. En 2007, il a obtenu le Lion d'or à la biennale de Venise et a participé à la Documenta 12.
Le MoMA de New York a récemment montré son travail dans l'exposition « Tangled Alphabets » avec l'artiste brésilienne Mira Schendel.

 

Site de l'artiste : www.leonferrari.com.ar